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28 juin 2008

Montagne sacree, Hua Shan

La Chine compte 5 montagnes sacrees du taoisme ou les chinois vont en pelerinage au gre de leur temps libre et de leur devotion a cette philosophie. L'une d'entre elles, le Mont Hua Shan, est reputee pour etre la plus ardue a gravir, et culmine a 2100m. C'est la haut que j'ai eu la chance de grimper, de nuit (6 heures d'ascension, du village a 300 m au sommet a plus de 2000m) pour assister a 5h du matin au lever du soleil avc les pelerins et une poignee (5 au total) de touristes fourbus mais ravis...

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Lever du soleil au sommet du Mont Hua Shan   © Fred
 
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Lever du soleil au sommet du Mont Hua Shan   © Fred
 
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Les pelerins achetent et font graver sur des cadenas le nom d'un de leurs "ancetres". Durant l'ascension, ils accrochent ce cadenas sur une des chaines bordant l'une des quelques milliers de marches que compte la montee, afin que leur ancetre "ame en peine ou en errance", puisse de nouveau trouver la paix, ainsi aglutine a ces "comperes errants". © Fred
 
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Series de chaines recouvertes de cadenas © Fred
 
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Une petite idee du denivele dans la montee. Pendant la descente, on croise les retardataires dormant sur le cote du chemin,  trop epuises pour atteindre le sommet avant le lever dusoleil. © Fred
 
 
 
 

 

26 juin 2008

Une armee de metiers, Xi'an

Pour une fois je passerai sous silence les desagrements touristiques que l'on peut rencontrer a Xi'an sur le site de l'armee des guerriers de terra cotta, j'y reviendrai peut etre plus tard, un autre jour. Pour l'instant, contentons nous d'aprecier en image ce fantastique ouvrage humain (et des artisans forgerons, modeleurs, charpentiers, etc qui sont derriere cette merveille) né dans le cerveau d'un jeune empereur de 21 ans, qui pensait deja aux gardiens de son tombeau... © Fred

 

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Vue d'ensemble du premier pavillon...
 
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Fosse numero 3 : Comme dans les autres fosses mises a jour, de nombreuses pieces sont abimees, et necessitent de profondes restaurations. Ces restaurations ont en general lieu la nuit, lorsque le flux des touristes cesse.
 
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Fosse 3: Les conducteurs de char et les chevaux. Les chars, eux ont disparut avec le temps (ils etaient en bois) 
 
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Probalement la photo la plus prise par les touristes. Je ne derrogeai donc pas a la regle. Que voulez vous, on est fascine par la sculpture ou on l'est pas !!!! Cette statue en terre cuite a plus de 2000 ans, ca force quand meme le respect.
 
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Autre icone de cette armee de terra cotta, l'archer debout. Longiligne, gracieux quoique disproportionne, la tete vers le cote, il attise la curiosite des visiteurs
 
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Le meme archer que ci-dessus, entoure de ses admirateurs...
 
 
 

 

18 juin 2008

Babylone...

Quelques images de cette incroyable ville qu'est Hong Kong. Une geante aux pieds de beton arme, les racines en ciment bien implantees dans la mer qui l'entoure... Une ville trepidante ou le capitalisme fulgurant cotoie les villages de pecheurs...

 

Vue du Pic Victoria
Vue generale de Hong Kong depuis le sommet du pic Victoria, sur l'ile de Hong Kong.
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Quartier "Central", sur l'ile de Hong Kong. Des boutiques de luxes, des bars branches, des restaurants qui le sont tout autant, et des tours, toujours des tours...
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L'Avenue des Stars... de meme que Hollywood a la sienne, Hong Kong a son avenue aux etoiles, ou les plus augustes mains du 7e art chinois sont venues imprimer leur trace dans le ciment, a meme le sol... Jackie Chan, Wong Kar Wai, Maggie Cheung... Bruce Lee, lui, a une statue en bronze qui fait le bonheur des touristes.

 

 

 

 

08 juin 2008

"La Vie Vietnam"

C'est par cette phrase anodine que l'on ne manque pas, dans les regions les plus variees et / ou reculees du Vietnam, de vous enjoindre a partager le symbole national de la vie sociale : la "vodka".

Dans une bouteille en plastique ayant contenu en des temps immemoriaux une eau minerale made in Vietnam tout bonnement appelee " La Vie" a ete consciencieusement entrepose ce breuvage, que l'on vous propose les yeux rieurs et la levre deja humide. Le coeur social du Vietnam se cache dans cette boisson incolore et, que vous soyez perdus sur une ile dans la Baie d'Halong, ou en balade opportune autour d'un lac, il y aura toujours, tacitement installee sur une table alentour, une bouteille de ce catalyseur social par excellence.

Ils le nomment eux memes Vodka, probablement moins parce que c'en est que par la similarite des effets produits sur vos neurones, a savoir celui de tout bon tors-boyau qui se respecte... et vos synapses de danser la carmagnole, le zouk ou la lambada selon que vous etes nes en 1789, aux Antilles ou en pleine Sacree Soiree sur TF1 ! Je me demande quand meme (mais peut etre sont-ce des reflexions ethyliques sans grand interet ?) pourquoi ils appellent ca "Vodka" : peut etre que, suivant l'adage (russe?) "aux memes maux le meme bapteme", ce liquide a recu sous l'influence du grand frere sovietique l'appellation de la boisson endemique de l'ainee des nations rouges.

Ce qui est certain, c'est qu'en terme de rougeur je n'avais rien a envier au drapeau Vietnamien au terme de cette "sociabilisation avec l'indigene", comme aurait pu dire un fonctionnaire de l'etat francais il y a un siecle en Indochine. Apres de telles aventures, la nature qui vous entoure vous parait tout simplement regorger de fees, d'esprits des eaux et autres chimeres dont je vous reparlerai a l'occasion... (pas tout de suite, vous me prendriez pour un illumine).

 Fred, Lac Ba Be, le 08 juin 2008

03 juin 2008

L'art est dans la rue...

On dira ce qu'on voudra de l'art asiatique.

D'aucun le trouveront grossier mais oublieront de mentionner les apsaras d'Angkor Wat, d'autres trouveront a redire sur le manque d'emotion humaine desdites creations mais, a l'evidence, n'auront jamais vu le temple de Bayon, certains, plus ignorants encore, diront qu'un manque cruel de dexterite dans leur artisanat est a mettre sur le compte d'un deficit quelconque (et illusoire) en matiere d'education artistique et ceux la-meme n'auront surement jamais ouvert un livre (sans parler de voyager) et ignoreront jusqu'a leur mort les merveilles architecturales de Sukhotai, de Polonaruwa, de la Cite Interdite, et j'en passe des milliers.

On dira donc ce qu'on voudra de ces arts de l'Est, et moi le premier, il n'en demeure pas moins qu'il est une forme d'art que nous avons quelque peu desappris a apprecier en Occident (je sais, je generalise beaucoup, et heureusement que ce ne sont que des generalites), celui de la virtuosite de l'artisan. La faute a qui ? Je me le demande, peut etre au consumerisme de masse qui nous porte plus facilement vers un produit moins fin mais moins dispendieux, peut etre encore est ce du au matracage abrutissant de medias complices de ces lacunes culturelles que le Paysage Audiovisuel Francais ne cesse d'alimenter a grand coup (PAF !) de reality show ou de varietes en tout genre n'electrisant guere que les neuronnes de nos animaux domestiques ? Qui sait ?! Pas moi, en tout cas.

Si je vous parle de ca ce soir, c'est qu'il m'a ete offert la chance d'observer un artisan qui n'en est pas vraiment un, en ce sens ou son metier n'est pas vraiment reconnu comme tel, probablement parce qu'il est devenu trop commun pour meriter ce titre. Il s'agit d'un coiffeur et, qui plus est, d'un coiffeur de rue. Un coiffeur de rue est, en Asie du sud est, une personne qui n'a pour equipement qu'un mirroir qu'il appose la ou bon lui semble, un fauteuil de barbier qu'il place en face de ce dernier et une panoplie complete de ciseaux, tondeuses a main, peignes et autres ustensiles dont je vous passe l'inventaire qu'il transporte dans un sac sans age ayant connu probablement quelques typhons et autant de generations. Cet homme est la, aussi impassible que disponible. Sa presence rempli l'espace d'une chaleur humaine dont on se demande comment la rue a pu se passer avant son arrivee. Il dispose ses accesoires avec autant d'ordre et de parcimonie que son experience du metier a forge sa gestuelle ; maigre comme un clou, sec comme un coup de trique, beau comme le camion de pompier de notre enfance. Il arrange ses lunettes en fausses ecailles, rapiecees de shaterton bleu roi, avant de saluer dignement son premier client.

L'ensemble des personnes aux alentours y vient se faire qui ajuster la frange, qui couper la barbe, qui curer les oreilles (si, si, je vous jure)... Cela ne vous semble pas bien impressionnant, et je vous comprends. Pourtant je n'ai pu decrocher mon regard de cet homme pendant pres de deux heures, tant ses gestes me semblaient gracieux, sa concentration de chaque instant quasi-devote, ses doigts mus par l'agilite certaine de l'experience et la maitrise de son art, son rasoir aussi incisif que son geste fluide. Il elevait la coiffure, le rasage ou le curage d'oreille a l'etat d'art du quotidien, un art que je qualifierai volontiers de comtemporain (en son sens etymologique) si ce terme n'avait pas deja un sens plus usuel et radicalement different dans notre langue. Apres avoir completement perdu le sens des realites de ce bas monde et du temps qui passait (a tel point qu'a aucun moment je me suis dis que je pourrais le prendre en photo) et lorsque, par les hasards d'une circonvolution anodine de ses vertebres, son regard doux et sage se posa sur moi, j'eus envie d'aller lui serrer la main et de lui offrir un de ces cafes vietnamiens imbuvables tellement ils sont forts...

...au lieu de cela, je m'installai dans son fauteuil d'artiste et lui demandai de me composer a sa discretion une symphonie en poil majeur. Le resultat n'a pas fait de moi un top model, loin s'en faut, mais c'est un artisan, pas un magicien.

Tout ca pour dire que, s'il est possible d'avoir des certitudes immuables a 34 ans, je crois bien avoir celle-ci (que les vieux sages me pardonnent cette pretention, ou qu'ils en rient avec compassion) : la beaute de ce monde n'est pas dans les galeries mondaines mais dans le quotidien de personnes comme lui : ebenistes, couturiers, compagnons de toutes "maisons", et tous ceux que l'experience, l'application et la discipline ont transforme en virtuoses, quelque soit leur art. (et j'en profite pour saluer mon grand-pere !)

Fred, a Hanoi, le 03 Juin 2008 

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