08 juin 2008
"La Vie Vietnam"
C'est par cette phrase anodine que l'on ne manque pas, dans les regions les plus variees et / ou reculees du Vietnam, de vous enjoindre a partager le symbole national de la vie sociale : la "vodka".
Dans une bouteille en plastique ayant contenu en des temps immemoriaux une eau minerale made in Vietnam tout bonnement appelee " La Vie" a ete consciencieusement entrepose ce breuvage, que l'on vous propose les yeux rieurs et la levre deja humide. Le coeur social du Vietnam se cache dans cette boisson incolore et, que vous soyez perdus sur une ile dans la Baie d'Halong, ou en balade opportune autour d'un lac, il y aura toujours, tacitement installee sur une table alentour, une bouteille de ce catalyseur social par excellence.
Ils le nomment eux memes Vodka, probablement moins parce que c'en est que par la similarite des effets produits sur vos neurones, a savoir celui de tout bon tors-boyau qui se respecte... et vos synapses de danser la carmagnole, le zouk ou la lambada selon que vous etes nes en 1789, aux Antilles ou en pleine Sacree Soiree sur TF1 ! Je me demande quand meme (mais peut etre sont-ce des reflexions ethyliques sans grand interet ?) pourquoi ils appellent ca "Vodka" : peut etre que, suivant l'adage (russe?) "aux memes maux le meme bapteme", ce liquide a recu sous l'influence du grand frere sovietique l'appellation de la boisson endemique de l'ainee des nations rouges.
Ce qui est certain, c'est qu'en terme de rougeur je n'avais rien a envier au drapeau Vietnamien au terme de cette "sociabilisation avec l'indigene", comme aurait pu dire un fonctionnaire de l'etat francais il y a un siecle en Indochine. Apres de telles aventures, la nature qui vous entoure vous parait tout simplement regorger de fees, d'esprits des eaux et autres chimeres dont je vous reparlerai a l'occasion... (pas tout de suite, vous me prendriez pour un illumine).
Fred, Lac Ba Be, le 08 juin 2008
08:35 Publié dans Vietnam | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : douceur pour la gorge, vie sociale en voyage
03 juin 2008
L'art est dans la rue...
On dira ce qu'on voudra de l'art asiatique.
D'aucun le trouveront grossier mais oublieront de mentionner les apsaras d'Angkor Wat, d'autres trouveront a redire sur le manque d'emotion humaine desdites creations mais, a l'evidence, n'auront jamais vu le temple de Bayon, certains, plus ignorants encore, diront qu'un manque cruel de dexterite dans leur artisanat est a mettre sur le compte d'un deficit quelconque (et illusoire) en matiere d'education artistique et ceux la-meme n'auront surement jamais ouvert un livre (sans parler de voyager) et ignoreront jusqu'a leur mort les merveilles architecturales de Sukhotai, de Polonaruwa, de la Cite Interdite, et j'en passe des milliers.
On dira donc ce qu'on voudra de ces arts de l'Est, et moi le premier, il n'en demeure pas moins qu'il est une forme d'art que nous avons quelque peu desappris a apprecier en Occident (je sais, je generalise beaucoup, et heureusement que ce ne sont que des generalites), celui de la virtuosite de l'artisan. La faute a qui ? Je me le demande, peut etre au consumerisme de masse qui nous porte plus facilement vers un produit moins fin mais moins dispendieux, peut etre encore est ce du au matracage abrutissant de medias complices de ces lacunes culturelles que le Paysage Audiovisuel Francais ne cesse d'alimenter a grand coup (PAF !) de reality show ou de varietes en tout genre n'electrisant guere que les neuronnes de nos animaux domestiques ? Qui sait ?! Pas moi, en tout cas.
Si je vous parle de ca ce soir, c'est qu'il m'a ete offert la chance d'observer un artisan qui n'en est pas vraiment un, en ce sens ou son metier n'est pas vraiment reconnu comme tel, probablement parce qu'il est devenu trop commun pour meriter ce titre. Il s'agit d'un coiffeur et, qui plus est, d'un coiffeur de rue. Un coiffeur de rue est, en Asie du sud est, une personne qui n'a pour equipement qu'un mirroir qu'il appose la ou bon lui semble, un fauteuil de barbier qu'il place en face de ce dernier et une panoplie complete de ciseaux, tondeuses a main, peignes et autres ustensiles dont je vous passe l'inventaire qu'il transporte dans un sac sans age ayant connu probablement quelques typhons et autant de generations. Cet homme est la, aussi impassible que disponible. Sa presence rempli l'espace d'une chaleur humaine dont on se demande comment la rue a pu se passer avant son arrivee. Il dispose ses accesoires avec autant d'ordre et de parcimonie que son experience du metier a forge sa gestuelle ; maigre comme un clou, sec comme un coup de trique, beau comme le camion de pompier de notre enfance. Il arrange ses lunettes en fausses ecailles, rapiecees de shaterton bleu roi, avant de saluer dignement son premier client.
L'ensemble des personnes aux alentours y vient se faire qui ajuster la frange, qui couper la barbe, qui curer les oreilles (si, si, je vous jure)... Cela ne vous semble pas bien impressionnant, et je vous comprends. Pourtant je n'ai pu decrocher mon regard de cet homme pendant pres de deux heures, tant ses gestes me semblaient gracieux, sa concentration de chaque instant quasi-devote, ses doigts mus par l'agilite certaine de l'experience et la maitrise de son art, son rasoir aussi incisif que son geste fluide. Il elevait la coiffure, le rasage ou le curage d'oreille a l'etat d'art du quotidien, un art que je qualifierai volontiers de comtemporain (en son sens etymologique) si ce terme n'avait pas deja un sens plus usuel et radicalement different dans notre langue. Apres avoir completement perdu le sens des realites de ce bas monde et du temps qui passait (a tel point qu'a aucun moment je me suis dis que je pourrais le prendre en photo) et lorsque, par les hasards d'une circonvolution anodine de ses vertebres, son regard doux et sage se posa sur moi, j'eus envie d'aller lui serrer la main et de lui offrir un de ces cafes vietnamiens imbuvables tellement ils sont forts...
...au lieu de cela, je m'installai dans son fauteuil d'artiste et lui demandai de me composer a sa discretion une symphonie en poil majeur. Le resultat n'a pas fait de moi un top model, loin s'en faut, mais c'est un artisan, pas un magicien.
Tout ca pour dire que, s'il est possible d'avoir des certitudes immuables a 34 ans, je crois bien avoir celle-ci (que les vieux sages me pardonnent cette pretention, ou qu'ils en rient avec compassion) : la beaute de ce monde n'est pas dans les galeries mondaines mais dans le quotidien de personnes comme lui : ebenistes, couturiers, compagnons de toutes "maisons", et tous ceux que l'experience, l'application et la discipline ont transforme en virtuoses, quelque soit leur art. (et j'en profite pour saluer mon grand-pere !)
Fred, a Hanoi, le 03 Juin 2008
15:21 Publié dans Vietnam | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
14 mai 2008
Quan Lan II
Quelques images de cette ile a la vegetation aussi variee que preservee. Les femmes y ramassent des vers de sable ou des crabes dans la vase delaissee par les marees. Les hommes y font paitre les buffles... Photos par Slanka.
11:01 Publié dans Vietnam | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
13 mai 2008
Vers Quan Lan...
L'ile de Quan Lan est en bordure Est de la baie d'Halong, isolee des mouvements et brouhahas touristiques. Une heureuse et singuliere decouverte que cette ile, encore tres preservee et intacte. Un doux bonheur apres notre escapade touristique dans la Baie "officielle" et saturee de touristes.
Les photos suivantes ont ete prises dans le ferry nous emmenant de Bai Chay (Ville d'Halong) a l'ile de Quan Lan par Slanka.
10:41 Publié dans Vietnam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12 mai 2008
Baie d'Halong, dans la brume
L'ambiance magique de ce lieu majestueux dans les brumes plus ou moins denses du soir et du matin...
10:34 Publié dans Vietnam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10 mai 2008
Hanoi III, les joueurs d'echecs...
10:18 Publié dans Vietnam | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
09 mai 2008
Hanoi II, triptyque du rail
10:11 Publié dans Vietnam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07 mai 2008
Welcome to Hanoi, le Temple de la litterature
Succession de cours amenant progressivement aux batiments principaux dedies aux genies des lettres et des arts, le Temple de Litterature a Hanoi est un petit joyaux architectural, empli d'une serenite difficile a concevoir et a imaginer possible en plein coeur du tumulte et vacarme incessant de cette ville au charme surrane.
10:00 Publié dans Vietnam | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
06 mai 2008
Mon visa pour Olympie
Arrives fraichement au Vietnam, nous attendent demain les procedures pour obtenir ce que d'aucuns considerent (a juste titre) comme le nerf de la guerre en voyage, j'ai nomme : le visa. Et pas n'importe lequel, attention, il s'agit du visa chinois.
Il est bien evident que je ne me permettrai pas de vous en parler si je n'y voyais pas l'occasion d'y soulever un paradoxe qui ne lasse pas de me triturer les meninges, mais j'y reviendrai...
Sachez donc chers (rares et silencieux) lecteurs, que nos "amis chinois" (comme dirait notre president lorsqu'il veut leur vendre un TGV) nos amis, donc, sont devenus quelque peu pointilleux sur l'attribution de visas "longue duree" aux etrangers. A cela 2 raisons principales :
La premiere : ils organisent un truc "olympique" dans quelques mois, je sais pas bien ce que c'est... il paraitrait que dans ce truc olympique, la, il y aura plein de mecs dont le but ultime dans la vie est de courir plus vite qu'un levrier unijambiste, vous le croyez, vous ? Ca me semble trop con pour etre vrai, mais bon je dois pas bien comprendre le principe.... Vous me connaissez, quand je ne comprends rien, ce qui m'arrive assez souvent, je demande a mon ami de m'expliquer. J'ai donc cherche chez mon ami internet ce que voulait dire "Olympique" : resultat : une montagne chez les grecs, un credo chez les utopistes (plus haut, plus fort, plus loin, ou plus vite, je ne sais plus) et de belles et grandes phrases sans points ni virgules sur les valeurs du sport, du depassement de soi et du respect des valeurs humaines... J'ai donc cherche, et j'ai eu beau tourner ces trois resultats dans tous les sens, je vois vraiment pas ce que la Chine moderne peut apporter a une montagne Grecque, ni haut ni fort bien que de, certes, tres loin... quant au respect des valeurs humaines ???!!!... j'y viens, justement...
La deuxieme raison : Quelqu'un en Sarkosie (et meme ailleurs) a ose leur signifier que massacrer des jeunes et emprisonner des moines tibetains, c'est ni tres fashion, ni tres cool, voire meme que c'est pas tres gentil...
Considerant ces deux postulats, je me dois donc de vous expliquer le paradoxe qui ecartele mes neuronnes en pleine torpeur tropicale : tout penible, difficile et contraignant que puisse etre l'obtention de mon visa chinois, je me sens oblige d'admettre que notre "ami Sarko" a pour une fois eu raison d'ouvrir sa gueule a propos du Tibet. Je ne ferai pas de politique sur ce blog (ni ailleurs, du reste), mais enfin, c'est quand meme la premiere fois que je l'entends dire quelque chose qui n'a rien a voir avec une centrale nucleaire, un top-model ou un SMS dont, soit dit en passant, personne n'a strictement rien a faire... et je reste poli.
Voila, c'etait le billet du soir, bonsoir...
19:56 Publié dans Vietnam | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note


